Les yeux du monde entier sont rivés sur le Sénégal. La cause ? Abdoulaye Wade, 86 ans, très respectable jusque-là, décide de briguer un troisième mandat à la tête du pays qu’il vient de diriger pendant 12 ans. Qui plus est, alors qu’on peut tergiverser sur la lecture du droit constitutionnel, ce qui ne fait nul doute est le flagrant viol de l’esprit de la constitution qui limite le nombre de mandats à deux consécutifs.
C’est faire preuve de culot et du plus grand mépris de la part d’Abdoulaye Wade que de solliciter le suffrage des sénégalais en ces conditions. En effet, croire que depuis 1926 le Sénégal n’a rien vu naître qui lui arrive à la cheville, si ce n’est son propre fils Karim Wade, est d’une condescendance extrême. Wade méprise désormais le peuple qui l’a porté au pouvoir au point de lui proférer que son retrait de la présidence ferait sombrer le pays dans le chao, à moins que son « talentueux » fils (ce qu’il est par ailleurs le seul) ne reprenne les affaires.
Les plus humiliés de tous par le narcissisme de Wade, sont sans nul doute les membres de son propre parti, ironiquement appelé PDS-Parti Démocratique Sénégalais. Je la rebaptiserais PDS-Parti Des Soumis.
Enfin, jamais une élection présidentielle au Sénégal n’a vu se présenter autant de talents. Cheikh Bamba Dièye, Ibrahima Fall, Gadio, Maki Sall, et d’autres sont de toute évidence bien plus à même de diriger le Sénégal qu’Abdoulaye Wade. Les Sénégalais n’ont jamais connu tel embarras du choix. Et, alors que l’opposition et la société civile ont pacifiquement décidé d’aller aux élections, la meilleure des éventualités serait d’envoyer Wade à la retraite par les urnes. Autrement, le pays s’embrasera car ce digne peuple ne saurait accepter que le mépris de Wade ne se transforme en une dictature légitimée par les cinq pantins du Conseil Constitutionnel.
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am aw